Été 2026 (Volume 36, numéro 2)
Chercheur émérite de la SCR en 2026 :
la Dre Cheryl Barnabe
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Pourquoi êtes-vous devenue rhumatologue? Qu'est-ce qui vous a influencé dans ce choix?
Mon parcours professionnel m’a appris à quel point les rencontres fortuites et l’ouverture à de nouvelles expériences peuvent s’avérer très bénéfiques. Je suis entrée à la faculté de médecine en connaissant très peu les différentes spécialités existantes et j’avais la ferme intention de me spécialiser en médecine familiale en milieu rural. J’étais inscrite à un stage clinique d’été de quatre mois en médecine familiale rurale à la fin de ma première année de médecine, mais le programme a été annulé peu avant son début. On m’a alors proposée un poste dans le cadre du programme de licence en sciences médicales pour mener à bien un projet d’évaluation des besoins des médecins de famille en milieu rural en matière de formation aux soins palliatifs. J’ai rejoint l’équipe de soins palliatifs en hospitalisation pendant leurs tournées et leurs séances de formation des internes afin de me familiariser avec cette spécialité et de pouvoir concevoir mes outils de collecte de données. J’ai rencontré une interne en néphrologie exceptionnelle, qui effectuait un stage en soins palliatifs; elle m’a incitée à envisager une spécialisation, et j’ai été particulièrement attirée par la dermatologie.
Au moment de choisir ma spécialisation en médecine interne, j’ai opté pour la rhumatologie, pensant que j’aurais l’occasion d’observer de nombreuses manifestations cutanées différentes des maladies auto-immunes. À cette époque, les médicaments biologiques commençaient tout juste à être utilisés dans la prise en charge clinique de la polyarthrite rhumatoïde (PR); c’était donc une période très passionnante pour constater à quel point un traitement efficace pouvait avoir un effet sur l’évolution de la maladie chez les patients. Les rhumatologues universitaires de l’Université du Manitoba m’ont apportée un soutien sans faille et m’ont associée à leurs travaux de recherche pendant que je terminais mes études de médecine. Je pense qu’ils ont peut-être versé un pot-de-vin au Service canadien de jumelage des résidents (CaRMS), car je suis restée à Winnipeg pour ma formation en médecine interne. J’ai trouvé toutes les autres spécialités de médecine interne monotones et il m’est donc apparu très clairement que la rhumatologie était la spécialité qui me convenait.
La recherche a toujours suscité un vif intérêt chez moi tout au long de ma formation; j’y voyais une occasion de mieux comprendre le processus pathologique ou les raisons pour lesquelles les résultats varient d’un cas à l’autre. Elle offre également la possibilité d’intervenir pour améliorer ces résultats auprès d’une population bien plus large que celle de ma propre pratique. J’ai ensuite effectué mon internat et obtenu ma maîtrise à l’Université de Calgary avant de rejoindre le corps enseignant de la Cumming School of Medicine en tant que clinicienne-chercheuse.
Selon vous, quelles sont les qualités d'un chercheur et d'un rhumatologue émérite, notamment dans le cadre de la promotion de l'équité en matière de santé et de la recherche impliquant la communauté?
Les chercheurs sont naturellement curieux et doivent à la fois acquérir une compréhension approfondie d’un problème tout en gardant l’esprit ouvert à un large éventail d’approches pour aboutir à des solutions. Il est impossible de mener des recherches sans collaboration; vous devez donc également savoir nouer des relations et construire un réseau au sein duquel il est agréable de travailler. Garder toujours à l’esprit le « pourquoi » de ce qu’on fait permet de rester inspiré, même lorsque le programme de recherche rencontre des revers ou des défis. Les solutions visant à faire progresser l’équité en matière de santé sont complexes et doivent tenir compte de facteurs politiques, ainsi que des croyances et des préjugés individuels, ce qui signifie qu’il n’y a pas de voie facile pour apporter des changements; cela demande donc également de la persévérance. La recherche en collaboration avec la communauté est très enrichissante, mais elle exige de la souplesse et de la patience, car les priorités peuvent évoluer à mesure que la communauté réagit à d’autres événements et situations qui se présentent.
Quelles sont vos autres passions en dehors de la rhumatologie et de la recherche?
Mes filles pratiquent la ringuette et la crosse en salle depuis une dizaine d’années. La communauté qui soutient ces sports féminins chez les jeunes est formidable et le fait de voir mes deux filles gagner en confiance et en maturité grâce à leur expérience sportive m’a donnée envie de m’investir à mon tour. J’ai donc occupé de nombreux postes à titre bénévole, notamment ceux de responsable d’équipe, d’entraîneuse adjointe, de préparatrice physique, de membre du conseil d’administration, de présidente d’association, ainsi que de membre des comités d’organisation des Championnats canadiens de ringuette en 2022 et des Championnats du monde de ringuette en 2023. Quand je ne suis pas à la patinoire, je couds dans mon jardin ou je passe du temps au bord du lac.
Vous occupez désormais un poste de direction dans le domaine de la recherche en tant que directrice de l'Institut McCaig pour la santé osseuse et articulaire. Quels sont les aspects les plus gratifiants de cette fonction?
Ce poste me plaît énormément. J’ai l’occasion de collaborer avec des scientifiques issus de l’orthopédie, de l’ingénierie, de la kinésiologie, de la médecine vétérinaire, de la biologie cellulaire et des sciences de l’imagerie, qui travaillent sur diverses pathologies musculosquelettiques. Mon rôle consiste à faciliter et à promouvoir leurs travaux, à mettre en place des réseaux de collaboration dans le domaine de la recherche sur la santé osseuse et articulaire et à entretenir des relations avec des mécènes. L’Institut organise également plusieurs événements de sensibilisation du grand public et des conférences, ce qui confère à ce poste une dimension créative.

La Dre Cheryl Barnabe reçoit son prix des mains de la présidente de la SCR de l'époque, la Dre Trudy Taylor, lors de l'Assemblée scientifique annuelle de la SCR à Halifax, qui s'est tenue en avril 2026.
Cheryl Barnabe, M.D., FRCPC
Directrice, Institut McCaig pour la santé osseuse et articulaire,
Cumming School of Medicine, Université de Calgary
Titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les maladies rhumatismales auto-immunes systémiques
Titulaire de la chaire Arthur J.E. Child de recherche en rhumatologie.
Professeure, Départements de médecine et des sciences de la santé communautaire
Rhumatologue, Services de santé de l'Alberta
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